Ça claque sa race de sa
mère comme diraient les djeun’s ! Voilà concrétisé
quelques années à courir ensemble en raid, à apprendre à vraiment
bien se connaître et s’apprécier, à savoir gérer les coups de
moins bien de son pote … Cette seconde place au challenge
national (3° sur le raid avec l’équipe suisse des Beguin
intercalée) pourrait même être une victoire dans la catégorie mixte
« normal », Lafuma décrochant le titre dans la catégorie
des mixtes
« avec-fille-qui-court-aussi-vite-que-les-hommes » !
Mais on a fait avec nos armes du moment, essayant si possible
d’être pas trop mauvais en stratégie, une fois n’est
pas coutume. D’ailleurs ce premier coup stratégique a
fonctionné pendant disons au moins 5’ ! Quand le TGV
express Montagny/ Demangeon nous a repris sur la fin du premier VTT
O. J’ai ainsi pu constater que j’orientais à la vitesse
où mon grand père passe la tondeuse dans une herbe haute et humide
…
Car dès le départ nous
savons que nous allons prendre cher sur la première section, un
trail orientation pas très technique avec 700 mètres de positifs.
J’accroche Anne dès le pied de bosse et fred gère
l’orientation. On arrive alors assez loin de la tête de
course. On décide donc de zapper la première optionnelle du vtt
pour aller se placer en tête de course et profiter du train au
passage. Et quel train ! Lafuma puis Lozère nous rattrape, je
me contente de contrôler (parce qu’à la vitesse où ça roule
il y a quand même du déchet !) et nous arrivons au roller en
tête des mixtes.
Je repars avec Anne pour
13 bornes de roller plat avec juste une petite descente qui verra
s’arrêter là tous les rêves de certaines équipes de tête.
Mais la descente n’est pas présignalée ! et
j’arrive dedans pleine balle ! je tente un chasse neige
mais je vais beaucoup trop vite et je prend une première boite (sur
la fesse). Notre tactique était que je déchausse en haut et cours
en tenant Anne puis je la rattrapai après. Le problème est que Anne
a donc dû déchausser en haut (et moi je suis déjà en bas !).
On fait donc toute la descente en courant, on rechausse, je reprend
une boite sur la même fesse en bas du pont, on patine, ma platine
se dévisse à l’arrière, je reprend une troisième boite
toujours sur la même fesse, Quechua nous double, et ENFIN on arrive
à la transition, Anne, ma fesse, mon cuissard déchiré et moi. Dans
ces moments là je voudrais bien avoir le c.. à Dav ou à Cris, je
suis sûr qu’il amorti beaucoup
mieux !
Les Lafuma mixte repartent
en même temps que nous mais Fredo et Anne font un bon bike and run
et ne perdent rien. Pendant ce temps je rigole tout seul car je
rejoins l’aire de transition avec le gps dans le sac et
j’imagine nos supporters qui doivent penser qu’on va
très vite ! arf arf ! On repart donc, toujours avec
Nénette qui va enchainer 4 sections pendant que Fredo et moi
alternons (c’est pour mieux pouvoir la tracter !) sur un
trail O avec deux optionnelles que nous trouvons sans souci, on
repasse même devant les Quech sur la première optionnelle. Un petit
sentier dans les buis où il faut courir si on veut tenir la cadence
des options, une co sur photo aérienne très belle où je fais le
choix de laisser un poste que je n’estime pas très rentable
et hop, c’est déjà la fin …
Anne et Fredo repartent
sur un vtt très ascendant, j’encourage au passage les CAP 03
qui ont l’air très frais et je rejoins la prochaine aire, non
sans m’arrêter au passage pour encourager la belle et la bête
à une traversée de route. Ils avancent bien et Anne sait que
c’est sa dernière section donc elle visse. Pendant ce temps
c’est réglage du vélo pour moi, et petit repas. La prochaine
section peut être (et va être) déterminante car il y a une porte
horaire à ne pas louper et pas moins de 12 postes qui valent cher.
Et surtout la nuit va tomber pendant cette
section !
Je vois mes deux loustics
arriver, Fred a tracté tout le temps mais n’a pas l’air
entamé, ça va envoyer du bois ! transition éclair ( pas comme
celle d’avant) et c’est parti. Un contrôle inopiné du
matos obligatoire (Très très bien !) et on peut
s’élancer sur le premier poste. Fred en profite pour me
donner des news de notre équipe homme qui a connu sur le premier
vtt tous les malheurs du monde (déjantage, crevaison, erreur
d’itinéraire bref tout pour se faire un moral … ) et
nous jubilons car nous sommes à ce moment précis dans un état
d’euphorie (quand tout se passe bien c’est génial
… mais c’est tellement rare … snif … ).
Et, toujours à ce moment précis, fredo s’arrête et
m’interpelle « attend steph ! mon dérailleur
… », « quoi ton dérailleur ? »,
« il est dans mes rayons ! »
Je passe ici la quantité
astronomique de jurons que j’ai dû prononcer, de pensées
morbides qui on envahit mon petit cerveau, d’envie de
victimisation (pourquoi c’est toujours à nous que ça
arrive ???) … bref, mon fredo a son dérailleur dans les
rayons et on a 30’’ pour prendre une décision.
« le vélo de Anne, il faut qu’on retourne à la
transition ! » Voilà, fred a eu l’idée du week end,
on aurait pu arrêter le raid à ce moment mais non car mon fredo a
la chance de faire à peu près la même taille que nénette,
d’avoir le même standard de pédale et qu’en plus Anne
ait un serrage rapide sur sa selle ! Et en plus ça nous est
arrivé à moins d’un kilo du départ, c’est pas comme si
on était au fond du thalweg ! On prend le temps aussi de
mettre le porte carte sur le vtt, fred ne s’en servira pas
mais au moins c’est pratique pour poser ses barres de
céréales (hi hi). Donc on perd bien 15’ mais on
s’estime SUPER heureux de ne perdre que ça. Par contre les
Xttr de Jocelyn en profite pour faire la jonction et ça, ça nous
fait moins rire.
On descend pleine balle,
fredo en profite pour « faillir mourir » avec la boite du
siècle mais il s’en fout c’est pas son vélo.
« … ha steph attend j’ai les cervicales qui ont
bougé ! ». Dans ces moments là il faut savoir trouver les
mots justes pour redonner l’envie d’avancer :
« allez grouille, faut qu’on en fasse un max tant
qu’il fait jour alors accroche toi (gros sac à
foutre) ».
D’ailleurs, petite
parenthèse, fredo adore m’imiter et me faire passer pour un
despote qui braille tout le temps mais en entendant l’écho de
ma voix au fond du canyon j’ai compris que tu avais raison
mon fredo, l’écho disait à peu près ça « allez
fredo » « grouille fredo » « accroche toi
fredo » … Mais faut bien que je m’occupe pendant
que je t’attend en haut des bosses ! (arf arf
arf).
La porte horaire est
passée avec une grosse marge et un gros pétard nous attend de
l’autre côté. D’ailleurs je suis super déçu, une équipe
de lozérien qui est derrière nous la grimpe en poussant le vélo,
moi qui croyais que les lozériens montaient tout le temps le cul
sur la selle …
Un long faux plat nous
ramène sur le plateau, il fait toujours jour, Fred a moins mal au
dos et Philippe d’Xttr a un coup de moins bien. Bref, tout va
bien ! On rattrape Issy aventure et Cap opale, deux équipes
hommes, on met deux banderilles histoire de montrer qu’on est
là aussi et tout le petit paquet explose. A la dernière option on
rattrape même les chauds patates qui n’ont pas l’air au
mieux. Une descente cailloux, cette fois ci de nuit, faut assurer.
Et le final dans les vignes. Xttr reviennent comme des boulets de
canon sur nous. Petite transition ( la dernière) et on repart collé
aux frères Beguin et aux chauds patates. J’ai un peu de mal à
rentrer dans la carte et ça a l’air pareil pour tout le
monde. Jocelyn nous recolle et on va faire toute la co ensemble. On
pourrait croire qu’à deux orienteurs ça va envoyer du pâté
mais en fait j’espère que le traqueur n’a plus de pile
sinon j’en connais qui vont rigoler ! Personnellement je
n’ai jamais fait une co aussi lamentable, je pense que
Jocelyn aussi, sûrement le fait de savoir qu’on allait la
boucler facilement dans les temps et donc toute la pression qui
redescend. Bref, on a dû mettre une heure de plus que les premiers,
on a vraiment fait de la m…. ! Presque autant que notre
équipe homme qui ont dû abandonner dans la
journée.
Mine de rien on
s’est quand même un peu rentré dedans physiquement et fredo
n’arrive pas à manger à l’arrivée. Inquiétant quand on
connaît le loustic.
Une bonne grosse nuit de
deux heures de sommeil, on a bien dû aussi passer deux heures à
tout trier le matos dans le camion … et on se retrouve au
chalet Reynard, sous le Mont Ventoux, le bien nommé si j’en
juge par la racine de son nom et les rafales qui nous
rafraichissent les joues.
Une petite pensée pour
l’Orient’raid où nous avions raté le départ, bien calé
au chaud dans le camion avec Maud à raconter des conneries. Là on
se fait violence et on met tout ce qu’on a de chaud pour
aller écouter le brief du coach Seb qui nous distille souvent de
précieux conseils. Un coup d’œil au classement où on
voit qu’on est déjà 3° en mixte mais Xttr pointe à 2’
derrière !
Ça part mag 2 dans la
bosse, on va vite savoir si on a le niveau pour suivre ! Fredo
n’a toujours pas réussi à manger quoique ce soit et ça, ça
m’inquiète vraiment, à juste titre. Anne va mieux
qu’hier et l’accroche à l’élastique. Serrage de
dent, pas d’erreurs dans l’ordre des postes, et on
arrive à la transition juste devant la famille Beguin. Fredo doit
laisser sa place à Anne sur ce gros vtt de 30 kms. Il n’est
vraiment pas au mieux et va essayer de se refaire la cerise pendant
ce temps. C’est le coup de poker du jour car, à mon avis,
toutes les équipes mixtes ont fait partir leurs deux hommes sur
cette section ! Objectif pour nous, essayer de limiter au maxi
les écarts. Mais sur la première partie roulante je vois que Anne
va bien et on rattrape quelques équipes hommes. Une première partie
de descente rapide, puis des portions beaucoup plus techniques, il
faut malgré tout rester vigilant sur les postes, surtout à la fin.
Gilles d’Xttr roule avec nous, son équipe a
abandonné.
On arrive à la transition
en ayant réussi à rester devant Neufchâtel aventure et Xttr,
c’est déjà pas si mal. Et on passe aussi la porte horaire à
10’ près (en fait je n’avais pas vu qu’il y avait
une porte horaire ! hou hou le bourricot !). Xttr arrive
2’ derrière, c’est moins détendu qu’hier soir et
ça s’observe. Normal, on joue le titre de champion
intergalactique d’auvergne et il ne reste que trois sections
pour toucher le Graal.
On repart à 3 pour une co
VTT iof, super jolie, tout nickel sauf sur le poste 25 où je
n’arrive pas à trouver le bon choix et je m’arrête tout
les 100 mètres. Fred doit revisser sa selle puisque c’est
notre mécano en herbe (cris) qui lui a serré. Mais au moins il a un
vélo pour continuer la course. Anne commence à être rincée et deux
équipes reviennent sur nous juste avant le trail / via corda, Issy
aventure et … Xttr ! pffff ça va pas être facile la fin
de course et je n’y vois pas très beau car physiquement on
est un ton en dessous d’eux. On ne les revoit plus qu’à
la via et aux transitions. On maintien le moral en se disant que
tout peut arriver, qu’il ne faut jamais lâcher tant que la
ligne n’est pas passée mais nos deux minutes d’avance
ont déjà fondu et on est en train de s’en prendre encore.
Dernière transition, ça part pour un malheureux 12 bornes de vtt O
pas très ascendant. Notre seule chance c’est que Jocelyn doit
rouler avec Carine (qui pourtant avance très fort) et moi je vais
rouler avec Fred. Avec le fredo de d’habitude on serait
revenu comme des avions mais aujourd’hui c’est pas la
même … Par contre quand je prend la carte je vois tout de
suite que l’orientation peut causer des soucis. On reste donc
très fluide, peu d’arrêt, et le choix le plus judicieux il me
semble. Pour qu’on ne regrette rien.
On passe la ligne. Je
jette un coup d’œil, pas d’Xttr. Ils ne sont pas
non plus au repas … j’essaie d’espérer et je
n’ose pas aller voir sur le parking pour garder un peu
d’illusion. Et je vois mon fredo qui arrive avec la banane du
siècle et qui m’annonce qu’ils viennent de passer la
ligne d’arrivée.
3 pages pour
« résumer » la joie d’une petite équipe comme la
notre, peu de moyens financiers, pas connue des médias régionaux,
même pas citée dans les candidats qui peuvent accéder au podium,
complètement oubliée dans la publication des résultats par les
revues et sites spécialisés qui publient des classements faux
… c’est aussi grâce à ça qu’on avance, aller
toujours au combat. Rien ne peut de toute façon entacher notre
passion de faire du vrai raid, de boire cette bière si délicieuse
après plus de 20 heures d’efforts, de se retrouver en week
end d’entrainements à refaire le monde du raid, à se railler,
se chambrer … bref, des vrais gaulois.
Aujourd’hui ça a
marché, demain peut être moins, l’essentiel est bien
d’aller chercher le meilleur de nous même pour le mettre au
service de l’équipe pour …
PARTAGER !
Merci aux 400 team pour
cette orga aux petits oignons, c’est comme ça qu’on
aime le raid, avec du déniv et du single, un règlement SIMPLE, pas
de sudoku à la con, ou de tir à la sarbacane à 30’ la
fléchette. On avait été un peu déçu de l’édition des
dentelles 2011 avec beaucoup de temps passé sous le vélo mais là
ils ont su trouver le juste équilibre, de l’orientation IGN
pas hasardeuse, des portes horaires mais pas trop non plus, des
options tactiques où ils nous avait donné quelques éléments sur le
road book pour nous permettre de faire des choix et que ce ne soit
pas loto bingo …
Forzzzzzzzzzza
Arverne !!!!!!!
steph
Ps: une grosse pensée pour
Seb, cris et olive ...