En me rendant au boulot aujourd’hui (et oui dav, y en a
qui travaillent) dans mon camion où stagne une vieille odeur de
phacochère, j’écoute jazz radio pour essayer de trouver
l’inspiration pour écrire un article (entre midi et deux bien
sûr !). Franck Sinatra n’a apparemment pas
d’effet sur moi, bien moins que Rammstein en tout cas pour me
permettre d’écrire. Le plus dur est toujours de trouver
l’intro, après le reste défile tout seul … et là,
l’intro n’a absolument rien d’original puisque
chaque lecteur assidu du blog arverne pourrait l’écrire tant
elle est prévisible ! Car un raid peut aussi se jouer avant le
coup d’envoi, sur une petite erreur d’intendance
…
Mardi 23, j’envoi un mail à Jérôme, Dav et Gaëlle
« on se retrouve à Lyon à 12H ? ». Devant
l’enthousiasme que ma proposition soulève je dois me résigner
à partir à 13h30 heure arverne (donc 14h30 en fait). Je passerai
sous silence les essais de Dav et Jérôme qui tentent des
itinéraires improbables (passage par fourvière un jour de
départ en vacances, passage par le nouveau tronçon
d’autoroute qui amène à Lyon centre alors qu’on a
rendez vous à Givors … ) bref bref, on arrive à Séguret à
17h00 mais il faut se rendre en bike sur le départ ce qui nous
laisse 30’ pour faire les sacs ! Inutile de dire
qu’on est les derniers arrivés, inutile de dire que
c’est la panique parce que certains n’ont pas leurs
longes de faite, leur camel de rempli … J’aide à
droite à gauche pour faire accélérer la manip et on peut enfin
partir vers le départ ! Mais où voulais-je en venir avec tout
ça ?? c’est que pensant être prêt je ne me suis pas
occuper de mes affaires et je vais juste oublier de mettre mon sac
de ravitaillement dans le sac bivouac ce qui, sans une certaine
circonstance (lire la fin de course !), aurait pu
s’avérer … capital !
Bam ! le coup de pistolet retentit, les fauves sont lâchés
à au moins 12 km/h, vitesse suffisante en bosse pour me faire
lâcher prise assez rapidement. Jérôme déroule. Une erreur
d’aiguillage conduira l’organisation à shunter cette
section. Mais elle aura néanmoins été déterminante puisque dans la
redescente (il s’agissait un trail vertical) on double les
Lafuma avec Benoit à l’arrêt qui ne semble pas au mieux
( ??).
On s’empare donc des vtt déjà à 3-4’ de la tête de
course, en position d’attente. On choisit d’aller
chercher la balise optionnelle après les 3 et 4, apparemment
mauvais choix car les équipes qui ont fait 3-option-4 redescendent
déjà. Bon … Et notre choix engendre surtout le fait
que l’on va redescendre par les vignes, avec toute cette
bonne glaise collante qui en plus d’envelopper délicatement
nos pneus, se glisse subtilement dans notre transmission. Hummmmmm
j’adore ! Au passage je prend une bonne pelle, la boue
sèche presque instantanément et j’ai l’impression de
servir de moule pour faire une sculture de terre cuite. Le ruisseau
suivant servira d’ »éléphant bleu » mais mon
problème préféré est installé. Le chain suck ! but what is
chain suck ? c'est quand la chaine reste accrochée sur les
dents du plateau (le petit généralement car c'est la là que la
chaine est la moins tendue) et que donc tu ne peux plus pédaler.
Mais si je devais en donner la définition quand je suis en raid et
que ça m'arrive ça serait plutôt: "pu.... quelle bord... d'encu...
de chaine de mer..., put.... fais chi..." . La conclusion reste
néanmoins la même, dans un premier temps tout sur la plaque, dans
un second temps transmission à changer !
Je rattrape Jérôme qui ne s’était même pas rendu compte
que je n’étais plus derrière et qui taille le bout de gras
avec Benj de LSN.
La section photo aérienne qui suit ne permet pas de faire de
différences, c’est donc encore une section de vtt sur carte
IGN qui va décider du classement de la journée. Aucune difficulté
si ce n’est le choix pour se rendre à l’option C,
tenter au plus court et descendre sur le poste en portage en
prenant le risque de tomber sur une végèt qui vous arrache le
dérailleur, ou contourner sagement et arriver sur le poste par le
chemin. Bingo ! y a plus qu’à remonter pour faire la
dernière section, co urbaine. Mais en remontant de cette option on
rattrape Garmin. Et comme à chaque fois qu’on rattrape une
bonne équipe, on fait une boulette. Le single sur lequel on
s’engage à l’air pourri, on fait demi tour parce
qu’on en a vu un autre … qui finit en sac de
cul ! bon, 2’ de données généreusement au ministère de
la concurrence déloyale, on n’est pas à ça prêt.
La co urbaine finale nous permettra de voir qu’on ne court
pas vite, en tout cas pas assez, mais les classements sont très
serrés au soir de cette première et très courte étape (2h30 pour
les vainqueurs, Benjamin et Bernard, team LSN).
La préoccupation majeure désormais est de nettoyer le vélo et de
mettre de l’huile, histoire de pouvoir rouler sur le petit
plateau demain. Une bonne (non, excellente !) soupe chaude
spéciale 400 team, une bonne douche, et direction la tente pour une
courte et bonne nuit, à peine agitée par le doux ronflement de mon
partenaire.
Réveil 5h20, Jérôme saute du lit, crois tu qu’il
m’aurait fait un café ? Dav et Gaëlle se permettent une
grasse mat’ jusqu’à 5h45, ils sont en tête du
classement mixte, ils peuvent en profiter !
Départ avec les écarts de temps de la veille. Nous sommes 7° à
6’ seulement de la tête. Et que du beau monde devant (Lsn,
RN46, Garmin 1 et 2, Chaud patate 1 et ligéraid) … mais
derrière aussi (Agde, Raidlink’s, chaud patate 2, Raid 74
… ), tout ça dans un mouchoir de poche d’un pantalon
en laine lavé à 100°, la bataille risque d’être
âpre !
D’ailleurs dès le premier kilo en vtt on reprend Ligéraid
et Raid nature 46 qui ont fait un aller retour dans le mauvais
chemin. La calculatrice est en marche ! ça monte, ce qui
n’est pas fait pour nous déplaire même si nous n’avons
pas non plus des supers jambes ce week end. L’itinéraire
suivant qui parait tout innocent sur la carte s’avèrera être
coquin, voire décisif, en tout cas pour Gaëlle et Dav qui vont
presque tout perdre dessus ! On rattrape les chauds
patates et Garmin qui ont dû tergiverser un peu pour trouver
l’entrée du single mais qui nous le donnent. Et qu’est
ce que je racontais quelques lignes plus haut ? Ben oui,
normal quoi, on fait la jonction avec les équipes de têtes donc
Jérôme en profite pour casser un rayon. « pousse toi,
j’ai eu mon brevet de mécano, tu vas voir » et hop que
je t’arrache ce put…. de rayon avant qu’il se
mette dans le dérailleur arrière ! « ma
jante !! » « on n’avait pas le choix, désolé
… » et hop c’est reparti mais vite, car il faut
essayer de raccrocher le train ! On croise Adge qui ont
préféré prendre le poste par le bas, choix payant assurément alors
qu’encore une fois sur la carte il ne semblait pas. On fait
une bonne boulette en sortie de ce poste et montons quelques
centaines de mètres sur une grosse piste avant que je me rende
compte que l’orientation n’est pas bonne. On repart, je
reconnais au passage des secteurs empruntés la veille et on
rattrape … Benj et Bernard de Lsn ! Leur crevaison nous
a bien aidé, faut avouer. Agde dans la ligne de mire dans la bosse
suivante, hop, contact. Les chauds patates version Arverne 2010 (la
poisse sur eux depuis le début de saison, là ils sont en train de
jouer au gynéco sur leur dérailleur arrière), bref on ne
s’ennuit pas, on est bien au contact et le classement ne
cesse d’être chamboulé. On reste avec Jérôme et Paulo
quelques postes, au passage on prend une leçon de tactique par
maitre Benjamin Monier qui ressurgit devant nous après une coupe
dans une forêt débardée puis on tente un petit coup avec mon Djé.
Sur la balise suivante on attaque par la sortie de poste, on laisse
les vélos en haut et on descend en courant. On reprend un poil de
temps mais surtout ça nous a permis de croiser absolument toutes
les équipes qui sont devant nous pour pouvoir mesurer les écarts. A
ce moment c’est Ligéraid avec Raid nature 46 qui sont en tête
du raid, suivi de 2’ par Lsn et l’armada Garmin. Allez
Jérôme on visse ! On arrive à cette petite co mémo qu’on
aborde tranquille, « tiens tu mémorises celle là et moi celle
là, ha non finalement on part par là, attend j’ai pas
mémorisé celle là, ha puis non je vais faire dans ce sens, allez on
recommence tout », mais qui va nous permettre de repartir dans
le bon wagon. Le train Garmin est en marche, on ne les reverra
plus. Mais derrière il reste une place sur la boite et personne ne
lâchera rien. Raid nature 46, Lsn, Ligéraid et nous, à la pédale ça
se vaut car Bernard n’a pas encore attaqué ses réserves de
crème de marron made in Ardèche.
On arrive sur cette fameuse longue section à pied, une co sur
photo aérienne ordre libre, un canyon, une co sur ign ordre imposé
avec options. Les quatres équipes au coude à coude, pas de déchets
en orientation mais sûrement une petite erreur de Ligéraid à la
jonction de la photo aérienne et de la co ign qui nous permet de
prendre du champ avec Lsn et RN46. Tout le monde met une bûche et
cherche à s’engager dans le canyon avant l’autre pour
repartir devant. On court pour arrêter le chrono, les combis à
moitié mise, le baudard en travers. STOP ! Petite pause
chocolat ?? allez Jérôme on court ! « mais je
croyais que c’était hors chrono ? » « ben oui
mais on court quand même, faut garder le rythme ! »
… Là, petit canyon super sympa, avec une roche abrasive, de
belles vasques d’eau chaude, des filles en mono qui nous
tendent des cocas frais et … ha non, ça c’est
l’effet franck Sinatra parce que si j’avais écouté
Rammstein avant d’écrire j’aurais plutôt dit « on
s’engage comme des oufs dans ce putain de canyon, on
s’assure comme des pimpouss, on s’en branle de toute
façon y a de l’eau si on tombe, allez Goooooooo jérôme, on
descend en libre !! » … en libre ??? quand le
guide il a dit ça à mon Jérôme j’ai cru qu’il venait de
découvrir des capotes dans la trousse d’écolier de baptiste,
entre la gomme pokémon et le taille crayon winnie l’ourson.
Ben oui Jérôme, sur le règlement c’était bien marqué
qu’il fallait être autonome sur les rappels ! Tu verras
c’est pareil sauf que tu risques pas de rester coincé sous
une cascade. Je fais mon fier mais c’est maitre David qui
m’a tout appris … je me courbe grand maitre vénéré
...
Donc ça y est, on est déjà tout en bas du canyon, super sympa au
demeurant, très rafraichissant en tout cas. Une petite remontée à
s’accrocher aux racines et on remonte se changer, toujours
avec la combi à mi cuisse et le baudard en travers, c’est
tellement beau d’avoir du style.
Là on a fait le trou sur Raid nature 46, et on s’échappe
avec Benj et Bernard pour la seconde partie de ce trail assez
physique. Un beau panorama et singles de cailloux nous attendent au
sommet. D’ailleurs le caillou est à la lozère et à
l’ardèche ce que la pluie est à la creuse … ou à
l’auvergne … heu, rhône alpes aussi … enfin
bref toute la France en ce moment mais tout ça pour dire que dès
que LSN a vu des cailloux ils ont poussé des petits cris de joie,
tu sens que le caillou fait partie de leur quotidien. Derrière on
s’accroche comme on peut et c’est à ce moment là que je
retombe sur mon intro où je parlais de l’intendance. Car je
n’ai même pas à fouiller dans mon sac, je sais que je
n’ai aucune barre. Jérôme me dépanne un peu mais là
j’ai vraiment faim … très faim ! Et tu ne peux
voir ça qu’en raid, l’équipe avec laquelle tu es en
train de te tirer la bourre qui te donne généreusement ses barres.
J’en profite donc pour goûter au passage aux spécialités
locales, Crème de marron (mais de la vraie hein ! pas de la
merde !) ardéchoise, et powerbar lozérienne
… j’en profite également
pour écouter les débats entre Bernard et Jérôme sur la crème de
marron ardéchoise qu’on trouve même en creuse,
passionnant ! 10’ plus tard je suis requinqué,
c’est Ben maintenant qui coince un peu.
D’ailleurs à part Bernard (qui a le double effet crème de
marron) tout le monde est un peu cuit, jérôme se prend le troisième
degré de la pelle* en descendant dans un pierrier.
On arrive à la transition, on apprend que les Garmin sont
irrattrapables sauf erreur cosmique, et sur ce vtt orientation il
n’y a aucune erreur à faire, juste à visser un peu en montée
et à dérouler en descente. Jérôme coince un peu dans les bosses
mais ça fait deux jours qu’il poinçonne, et c’est sûr
qu’on ne fera pas la différence en descente. Bernard et Benj
prennent le large. La dernière co en ville est une formalité et ne
changera rien au classement.
On saute sur les frites et le pain frais, on attend Gaëlle et
Dav qui ont pas mal galéré aujourd’hui mais qui réussissent à
rester sur le podium (et un podium aux dentelles c’est
beau !). Au passage les 4° et 5° sont invités sur le podium,
et dans le vaucluse c'est comme en lozère, ils ont tellement de
cailloux qu'ils les offrent aux touristes. Et devinez qui
c’est qui part en dernier du parking coureur ??
Allez, d’ici quelques heures le CR de Dav pour nous
raconter pourquoi Gaëlle a râlé quand elle s’est rendu compte
que ses mousquetons n’étaient pas roses … En
attendant, les classements sont là:
http://400teamraid.e-monsite.com/medias/files/generalemodif.pdf
Steph
*= premier degré, la pellounette, ou galipette …
Deuxième degré, la pelle alias la boite.
Troisième degré, la pellâsse ! celle qui arrive quand
t’as pas la gopro sur toi …
PS : vu ce que j’ai vu, entendu ce que j’ai
entendu, et bu ce que j’ai bu, je vais peut être revoir mon
pronostic pour le gévau, et je mettrai bien un euro sur la paire
Benjamin/Olivier …