Après avoir reçu des millions de mails de soutien de tous nos
fans à travers le monde qui demandent quelle chose horrible s'est
produite pour échouer au pied du podium de ce fameux raid O'bivwak,
je prends mon courage à 2 mains pour faire un résumé de ce
douloureux moment...
Tout a bien commencé le vendredi soir, accueilli à Clermont par
un chaleureux calin d'Enora et par un Will bien content de
reprendre cette saison de Raid'orientation. J'arrive avec un moral
énorme et une excitation particulière liée à la reprise mais
également liée au plaisir de voir beaucoup de personnes importantes
(frères, amis). Nous passons la soirée à parler de tout et de rien
mais également des bonnes sensations physiques que j'ai à
l'entrainement (repris depuis alors 1mois) et de ma volonté de me
mettre le compte ce week-end....
Le samedi annonçait déjà le caractère contrariant qu'allait
prendre l'épreuve mais nous n'avons pas pris les signes comme de
mauvaises augures. Alors que météo France annonçait beau temps sur
toute la France, il fait à peine 11° sur la ligne de départ. "Tant
mieux, nous ne soufrirons pas de la chaleur!" On sent
l'effervescence dans le box de départ et les vannes vont bon train.
Les habitués fignoles les détails et les nouveaux amateurs
comparent leurs sacs de 20kg avec les notres.
Car bien sûr les champions doivent avoir un sac léger (7 à 8 kg
au passage). Hélas si c'est de moi que je voulais parler, je l'ai
cherché tout le week end le "champion". Certe j'en avais un
constamment devant moi dont je voyais la frustration grandir à
vue d'oeil mais l'autre qui devait le suivre a pris la voie du "je
suis un gros sac qui se traîne"...Après un départ où nous sommes en
tête pour ramasser les coordonnées,
nous posons rapidement les premieres balises sur la
carte. Puis c'est dans la 1ère côte que j'ai compris que j'allais
en chier. J'ai reçu une claque en pleine figure dès les 1ers mètres
d'ascension.
L'explication est simple: beaucoup de sport cet hivers mais
seulement en explosivité sans aucun travail de fond, et avec ça une
prise de masse musculaire de 7 kg entre septembre et mai. Un
cocktail qui n'a pas plu à mes cuisses dans les longues ascensions
sans fin de ce Raid.
Cependant nous aurions pu tirer notre épingle du jeu ,mais nous
n'avons pas su gérer le problème. Nous nous connaissons depuis
assez longtemps avec Will mais pas avec ce nouveau paramètre. Nous
avons construit notre stratégie et nos actions selon des valeurs
éronées. En gros, nous avons fait n'importe quoi: Je n'oriente
plus, je perds de vue Will, on perd trop de temps à se chercher, je
prends de mauvaises initiatives pour au final perdre 26' sur la
tête de course. (d'ailleur j'aurais envie de dire "Que 26'!!!)
Le soir, un gros orage,nous fait très vite rentrer sous la tente
et nous analysons les difficultés que nous avons rencontrées. Les
leçons prises nous servirons le lendemain pour
adopter une stratégie plus adaptées qui nous permettra de
faire le 2eme meilleur temps de la 2eme étape. Or la stratégie ne
remplace pas le physique et même si nous avions réussi à reprendre
la 2nde place avec 18' de retard, j'explose sur la fin voyant même
la 3eme place nous filer sous le nez à peine avant la ligne
d'arrivée.
Cette expérience a été un électrochoc, 2 jours après,
j'enquillais 26 km et un entrainement voire 2 par jours... et là je
peux assurer que j'ai déjà plus la caisse pour le prochain Raid.
Alors j'annonce déjà.... pour le Bombis je vais rien
lâcher!!!!!
Fred (1m91 et 84kg)